Inévitablement, l’actualité du football passe en ce mois de février par l’Afrique. Et on le ressent plus qu’ailleurs si l’on suit les championnats français, du fait de l’abondance de talents provenant du continent, et qui doivent, le temps d’une compétition, s’absenter afin de représenter leur pays. Zoom sur les deux finalistes de la Coupe d’Afrique des Nations 2012.
La Côte d’Ivoire enfin?
La voie semble royale pour les hommes de François Zahoui ce dimanche au stade d’Angondjié de Libreville, au Gabon. Il n’y aura pas les égyptiens triples vainqueurs des trois précédentes éditions pour empêcher les compatriotes de Didier Drogba de ravir le Graal que tout le pays attend depuis 1992. Tristement endeuillés ces derniers jours par les affrontements de Port Saïd, les Pharaons ne s’étaient même pas qualifiés pour la phase finale de la compétition se déroulant au Gabon, au même titre que le Cameroun ou le Nigeria. On pourrait alors vite croire que la Côte d’Ivoire est là, faute d’adversaires de taille. Mais laissons ces supputations à ceux qui pensent que le niveau de la compétition s’affaiblit au fil des éliminations des nations dîtes « phares » du continent. Nous relèveront simplement que la Côte d’Ivoire, elle, n’a pas manqué son rendez vous, elle est bien là où l’on est en droit de l’attendre. Forte de son statut de favori, elle a remporté tous ses matchs, sans parfois avoir besoin de se sublimer comme en demi-finale où une chevauchée géniale de Gervinho aura suffit face à un Mali harassé d’avoir jouer les prolongations en quarts, face au Gabon, tandis que les Oranges eux avaient facilement disposés de la Guinée équatoriale, co-organisatrice de l’évènement (3 à 0). Alors on s’attendait, à l’aube des demis, à une alléchante confrontation Ghana – Côte d’Ivoire en finale. Mais pas plus de Ghana que de Maroc (sorti dès les poules) en finale de cette édition.
L’épouvantail Zambien.
Pas de Ghana en finale donc. La faute à une équipe Zambienne décomplexée et emmenée par un français revanchard, Hervé Renard*. On ne les attendait pas là, et pourtant ! Ils font partie de ceux qui ont sorti un Sénégal pourtant soit disant bien armé (Niang, D.Ba, P.Cissé). Facilement vainqueurs des crocodiles du Nil (les Soudanais) en quart par trois buts à rien et une très belle partition portée sur l’offensive et maîtrisée du début à la fin, on se disait qu’ils avaient remporté leur CAN à eux, qu’ils avaient atteint leur seuil de compétences. Mal nous en a pris, les Chipolopolos ne sont pas repu, ils s’offrent le luxe de sortir l’autre favori de la compétition avec les pachydermes, le Ghana! Et par là même en faisant revivre à Gyan Asamoah l’insupportable sentiment que procure un penalty raté en phase finale d’une compétition internationale pour la seconde fois de sa carrière**. Pourtant dominé dans le jeu, les zambiens s’accrochent et attendent patiemment leur chance, jusqu’à la délivrance apportée par un tir enroulée d’Emmanuel Mayuka à la 78ème minute de jeu. Le Ghana choqué ne reviendra pas et disputera la petite finale face au Mali ce samedi. La Zambie elle, n’a plus de limite et ils auront à coeur d’égaler leurs adversaires de dimanche en rapportant au pays la première CAN de son histoire. Rien de mieux pour rendre hommage aux disparus du crash aérien de 1993***.
Pas mal non plus le but de Mayuka.
Opposition de styles
D’un côté sera aligné un effectif ivoirien, avec ses individualités en tête – Drogba, Gervinho, Touré – qui devra absolument évacuer la pression que lui octroie son statut d’hyper favori. Ils ne devront pas s’échapper devant le destin qu’on leur promet depuis plusieurs années maintenant. Fort de tout cela, les Éléphants pourront s’appuyer comme depuis le début de la compétition sur un bloc défensif très au fait, et une maîtrise du ballon supérieure à ses adversaires du tournoi. Les qualités offensives de l’équipe, véritable point fort de l’équipe devrait faire le reste.
A un style diamétralement opposé on aura une équipe zambienne qui comme face au Ghana saura s’adapter tactiquement à l’opposition offerte par les ivoiriens. Ils procéderont probablement en contre et compteront sur un réalisme insolent. Mais attention, ne pas se méprendre, cette équipe composée essentiellement de joueurs du continent se connait bien et joue remarquablement bien ensemble. Là aussi les ivoiriens auront fort à faire face à la puissance offensive des zambiens. D’ailleurs, caracolent en tête des buteurs du tournoi E.Mayuka et C.Katongo, principaux fers de lance des Chipolopolos.
Les réponses le dimanche 12 Février à 20h00.
* Hervé Renard a récemment fustigé les dirigeants du foot français en leur reprochant »de ne pas assez s’intéresser au foot » et « de l’avoir refusé en tant que coach ».
** G. Asamoah a vu son pénalty repoussé par le gardien zambien après 8min de jeu. En 2010 lors du mondial, il avait heurté la transversale face à l’Uruguay, en quarts à la… 120ème!
*** Alors que la délégation zambienne s’envolait pour affronter les Lions de la Terranga, l’avion s’écrasa et toute la délégation fût décimée.











